Par Julie
Les BURN'ettes, ou comment traverser un burn-out seule mais ensemble à la fois
Il y a celle qui a perdu l'appétit,
Celle qui a perdu le sommeil,
Celle qui a perdu son mari et toute confiance en elle
Il y a celle qui s'est effondrée mardi matin dans la salle de réunion
Celle dont le corps a cassé sous le poids des émotions
Stress, perte de sens, épuisement... Celle qui avait tout gardé pour elle, mais franchement
pourquoi les cache-t-on
Celle qui est ressortie de chez le médecin, un arrêt d'un mois et une boîte de cachetons
Il y a celle qui décide de prendre son mal en patience
Celle qui culpabilise, se raccroche à la science
2,5 millions de personnes seraient concernées et l'impression que personne n'en a
conscience
Il faut dire que certaines portent leur sourire comme un masque mais vont moins bien
qu’on ne le pense
Il y a celle qui tente de revenir aux fondamentaux
Celle qui essuie ses pleurs dans de vieux mouchoirs cachés au fond d'un manteau
Celle que l'on assomme quand on lui assène « Alors tu reprends quand le boulot »
Celle qui n'en peut plus d'entendre « Prends soin te toi » car justement, elle aimerait bien y arriver, tard ou tôt
Il y a celle qui trouve le réconfort dans une tasse de thé
Celle qui se traîne chez le psy, l'avocat, le médecin du travail, qui lutte pour sortir de cette
prison dorée
Il y a celle qui est fatiguée d'avoir honte et a honte d'être fatiguée
Celle qui voudrait dormir pour toujours, lassée d'avoir tout essayé
Mais il y a aussi celle chez qui le soleil revient
Celle qui jure qu’elle saura s'écouter en cas de nouveau coup de moins bien
Celle qui donne de l'espoir à celle qui n'en voit pas la fin, après deux, trois ou quatre ans,
elle ne sait plus très bien
Il y a celle qui se croyait chêne et se découvre roseau une fois la tempête passée
La même qui a rompu certes, mais pour qui plier est aussi possible désormais
Il y a celle pour qui l'expérience devient ce « cadeau mal emballé »
Celle qui a repris sa route malgré les séquelles : concentration, peur de l'avenir, parfois
problèmes financiers
Ce sont celles qui ont compris qu'il était plus facile d'aller vite que d'accepter de ralentir
Celles qui ont fait d'elles leur priorité et qui l'assument aujourd'hui, en tout cas sans trop
rougir
Celles qui deviennent la celle d'après, car la celle d'avant, elles l'ont laissé partir
C'est elle, c'est nous. C'est moi.
Les BURN'ettes, celles qui ont traversé le burn-out seules, mais ensemble à la fois.
Julie




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