Je quitte ma maison sous des trombes d’eau. Rythme maximal des essuies-glaces sur la route. Autour de moi, tout est gris : le ciel, les arbres, la route. Mon humeur. Quand j’arrive à la Maison des BURN'ettes trempée, décoiffée, en retard, je suis d accueillie par Hélène et un thé chaud.
La pièce pour l’atelier est d’un rose pale très doux. Des peintures sont disposées sur le manteau de la cheminée. Hélène nous explique que nous allons faire des aquarelles monochromes en nous présentant les modèles exposés. Elle explique que cela réduit le champ des possibles et le risque de se tromper. Nous passons rapidement au choix de notre couleur et de notre pinceau. Je porte une chemise fuchsia et décide de rester sur cette teinte qui me parait joyeuse.
Hélène nous demande de mouiller notre feuille, et de faire un trait d’un coup de pinceau. Puis de laisser les pigments se diffuser librement en se concentrant sur ce processus. La progression de la couleur sur la feuille est captivante. On la dirait habitée d’une volonté propre : une volute par ci, une dilution ou une concentration par la. Ce rose est merveilleux. Pour que le résultat soit plus intense encore, je m’amuse à ajouter par touches des gouttes de cette encre liquide, dont les éclaboussures me ravissent. Je suis en récré avec de la grenadine…
Une fois notre fond terminé, un sèche cheveux est à disposition pour accélérer le séchage. Les pigments continuent leur course sous le souffle chaud de l’appareil.
La seconde étape que nous propose Hélène est un exercice d’abstraction. Elle nous demande de repérer un motif sur notre feuille et de le mettre en lumière avec une seconde couche de peinture. Comme lorsque nous observons les nuages et que notre cerveau y voit un animal.
Je tourne la feuille dans tous les sens. Mais je ne vois rien. Une petite irritation vient me chatouiller, je n’y arrive pas et je sens que je me borne. Contrariée, je prend du recul et je vois un triangle. Génial un triangle … Oh, wait !! Un volcan !! Souvent je me sens comme un volcan : trop de pensées, d’analyses, d’émotions. Me voilà à dessiner l’éruption, le magma qui jaillit et la fumée expulsée. Ouf, j’ai trouvé un sens à tout ça finalement…
La fin de séance approche. Chacune a trouvé une teinte pour s’exprimer et un motif à créer. Nous disposons nos oeuvres au centre de la table pour immortaliser cette séance avant de nous séparer.
J’emporte mon oeuvre sous la pluie. Et je décide qu’elle ne sera pas seule. Une fois rentrée chez moi, c’est avec ma palette que je m’accorderais des moments de création, programmés sur mon agenda, sur le même mode opératoire. Pour prolonger le plaisir de la connexion avec soi.
Merci Hélène pour cette suggestion d’atelier. C’est toujours une joie immense de ressortir de ces parenthèses.
- Dorothée




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