Par Lola Faivre
Aujourd’hui plus de 2,5 millions de personnes sont en burn-out, et les femmes en sont deux fois plus touchées que les hommes (SPF, ANACT). Mais qu’est-ce qui se cache derrière cet écart colossal ?
Le burn-out, comment ça marche ?
Le burn-out est un épuisement total lié à un stress chronique. Autrement dit, après avoir supporté du stress trop fréquemment et trop longtemps, le corps est déréglé et épuisé. En cause, notre ami le cortisol : une hormone qui permet d’aiguiser nos sens et notre esprit en cas de danger, mais dont la présence dans le corps sur une trop grande période, finit par détraquer nos mécanismes biologiques : baisse de l’immunité, impact sur le coeur, dérèglement du métabolisme, pertes cognitives, dérèglement émotionnel…
Cela dit, avant que le cortisol ne dérègle l’organisme, il y a d'abord des situations de stress répétées.
Qu’est-ce qui provoque le stress chronique ?
Parmi les facteurs de stress chronique, on trouve la surcharge de travail, la surcharge émotionnelle et la charge mentale qui accapare le cerveau même en dehors du travail, et ne permet aucun réel repos.
Il y a aussi le sentiment de perte de sens : lorsqu’il y a un clivage trop important entre les valeurs personnelles et le travail, il y a dissonance cognitive et celle-ci peut devenir source de frustration et d’anxiété.
Le manque de reconnaissance et l’isolement qui ne permettent pas à l’individu de balancer son stress, deviennent alors des facteurs qui l’aggravent.
Enfin, un climat psychologique insécurisant, où les limites et les besoins de l’individu ne sont pas respectés, où règnent des tensions et où l’individu doute de lui-même et de ses compétences, expose continuellement au stress.
Et les femmes dans tout ça ?
Si les femmes sont plus touchées par le burn-out que les hommes, c’est parce-qu’elles sont beaucoup plus exposées aux sources de stress qui l’engendre.
Les femmes sont davantage concernées par la charge mentale et la surcharge de travail : elles réalisent environ 70% du travail domestique et familial, soit en moyenne 3h26 par jour pour les femmes contre 2h pour les hommes. (source : INSEE, 2023)
Les salariées françaises gagnent encore 15,8 % de moins que les hommes (source : INSEE, 2024) et sont surreprésentées dans les métiers peu valorisés (77% des agent•e•s d’entretien sont des femmes). C’est la double peine : manque de reconnaissance et stress financier (rappelons en même temps que 85% des familles monoparentales sont dirigées par des mères seules, ce qui augmente la détresse financière, ainsi que la charge mentale, émotionnelle et la surcharge de travail).
Elles sont aussi beaucoup plus impactées par la surcharge émotionnelle, étant largement majoritaires dans les métiers du soin. Elles représentent 90% des aides-soigant•e•s et 88% des infirmier•e•s notamment.
La liste des facteurs de burn-out qui concernent davantage les femmes est encore tristement longue : plafond de verre, inégalités dans les congés parentaux (liés aux inégalités salariales), violences sexistes et sexuelles au travail qui touchent 2,5 fois plus les femmes que les hommes…
Ainsi donc, écouter les femmes, reconnaître leurs réalités et agir pour plus d’égalité, c’est aussi un levier puissant contre le burn-out. En partageant les tâches domestiques, en valorisant les métiers du soin, en luttant contre les inégalités salariales et les violences, nous pourrions construire une société où chacun·e pourrait travailler et vivre sans s’épuiser. Une société plus égalitaire serait une société en meilleure santé.




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